Le père noel et la petite fille
Le Père Noël et la petite fille |
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| Avec sa hotte sur le dos, | |
| Avec sa hotte sur le dos, | |
| Il s’en venait d’Eldorado, | |
| Il s’en venait d’Eldorado, | |
| Il avait une barbe blanche, | |
| Il avait nom « Papa Gateau », | |
| Il a mis du pain sur ta planche, | |
| Il a mis les mains sur tes hanches. | |
| Il t’a prom’né’ dans un landeau, | |
| Il t’a prom’né’ dans un landeau, | |
| En route pour la vi’ d’ château, | |
| En route pour la vi’ d’ château, | |
| La belle vi’ doré’ sur tranche, | |
| Il te l’offrit sur un plateau. | |
| Il a mis du grain dans ta grange, | |
| Il a mis les mains sur tes hanches. | |
| Toi qui n’avais rien sur le dos, | |
| Toi qui n’avais rien sur le dos, | |
| Il t’a couverte de manteaux, | |
| Il t’a couverte de manteaux, | |
| Il t’a vetu’ comme un dimanche, | |
| Tu n’auras pas froid de sitôt. | |
| Il a mis l’hermine à ta hanche, | |
| Il a mis les mains sur tes hanches. | |
| Tous les camé’s, tous les émaux1, | |
| Tous les camé’s, tous les émaux, | |
| Il les fit pendre à tes rameaux, | |
| Il les fit pendre à tes rameaux, | |
| Il fit rouler en avalanches | |
| Perl’ et rubis dans tes sabots. | |
| Il a mis de l’or à ta branche, | |
| Il a mis les mains sur tes hanches. | |
| Tire la bell’, tir’ le rideau, | |
| Tire la bell’, tir’ le rideau, | |
| Sur tes misères de tantôt, | |
| Sur tes misères de tantôt, | |
| Et qu’au-dehors il pleuve, il vente, | |
| Le mauvais temps n’est plus ton lot, | |
| Le joli temps des coudé’s franches2… | |
| On a mis les mains sur tes hanches. |
1 émaux & camées : Un camée est une pierre fine sculptée en relief. Les émaux sont des ouvrages d’orfèvrerie en émail, dont la technique (cuisson à très haute température d’oxydes métalliques mélangés à un vernis), orientale d’origine, est longtemps restée un mystère chez nous. C’est le fameux Bernard Palissy, sous François 1er, qui l’a redécouverte, dit la légende, en brûlant ses meubles.
Émaux et Camées est le titre d’un recueil de poèmes de Théophile Gautier que Brassens n’ignore certainement pas
2 coudées franches : avoir les coudées franches, c’est pouvoir avancer sans jouer des coudes, c’est donc être libre de ses mouvements, être libre tout court. La petite fille est aujourd’hui riche mais (Pauvre Petite Fille Riche) elle a perdu sa liberté au change.
